Le sélectionneur tricolore Raymond Domenech fait le point après la victoire de la France contre les Iles Féroé (5-0) mercredi. Selon lui, ce large succès ne doit pas faire oublier que la défaite de ses hommes en Ecosse (1-0) samedi confère "un avantage aux Italiens".
Quel est votre sentiment après ces quatre premiers matches des qualifications ?
R.D. : Pour moi, les éliminatoires ont commencé en Ecosse. On s'est replongé dans le Championnat d'Europe après l'Italie qui était un prolongement de ce qui s'est passé à la Coupe du monde. Maintenant on entre en plein dedans. On a retenu la leçon de la défaite en Ecosse contre les Féroé. Sur la manière de jouer, c'est positif mais contre la Lituanie (le 24 mars) il ne faudra pas oublier ce qui s'est passé samedi. Une qualification se joue à chaque match, elle ne se joue pas une fois de temps en temps à domicile contre un gros adversaire. Rien n'est fait et on a un petit retard par rapport aux Italiens. On est toujours dans la même situation. Ce n'est pas parce que l'on a battu les Féroé que tout d'un coup l'horizon s'est ouvert et que l'on est qualifiés. L'Ukraine est là, l'Italie sera là, avec l'Ecosse. On a perdu trois points en Ecosse qui peuvent coter très cher. Les Italiens ont perdu deux points (1-1 en Italie contre la Lituanie le 2 septembre). Pour le moment, avantage aux Italiens.
Les déclarations de Gallas n'ont-elles pas créé un climat d'euphorie dans l'équipe avant l'Ecosse ?
R.D. : "La meilleure équipe du monde" peut être battue par tout le monde. Il faut rappeler cela en permanence. Maintenant, j'espère que l'on est prévenu. On peut passer du sommet au trou très vite. Il faut maintenir cet état de vigilance et de concentration. La Coupe du monde avait fait progresser l'équipe au fur et à mesure alors qu'en Ecosse on n'était pas encore entré dans le Championnat d'Europe. C'est mon travail de leur dire, d'insister. On ne peut pas être satisfait des deux matches parce qu'il y en a un qui est raté.
Etes-vous préoccupé par la coupure de cinq mois avant le prochain match des qualifications contre la Lituanie ?
R.D. : Oui, parce que c'est bien qu'il y ait des matches. Mais on a un match amical contre la Grèce (le 15 novembre au Stade de France), il y'en a un au mois de février qui n'est pas encore défini. Cela permet de voir les joueurs, d'entretenir le contact avec eux et leur montrer que l'équipe de France existe toujours. D'un autre côté, une pause permet de souffler, de faire le tour des joueurs sans pression, de voir comment ils progressent, surtout pour les plus jeunes.
Allez-vous profiter de ces deux matches amicaux pour intégrer des nouveaux joueurs ?
R.D. : Tester des nouveaux joueurs juste pour le plaisir n'a aucun sens. Il faut mettre en situation des joueurs qui ont le potentiel pour jouer sans tout chambouler. Sinon, ce n'est pas un cadeau de mettre huit ou neuf joueurs nouveaux sur un match. Il faut voir comment s'intégrent deux-trois joueurs - quatre c'est déjà un maximum - dans un groupe qui vit bien et qui fonctionne bien.
Etes-vous satisfait par la première sélection de Jérémy Toulalan et de Julien Escudé ?
R.D. : Pour atteindre le niveau des autres, il y a un monde. Ils sont entrés dans un match contre les Féroé. Je ne veux pas sous-estimer leur performance dans ce match mais c'est dans d'autres rencontres, dans une pression et un contexte différents, qu'ils feront un bout d'essai pour voir. On ne va pas faire un jugement sur ce match-là.
Dans la hiérarchie des attaquants, la paire Henry-Saha a-t-elle une longueur d'avance sur les autres combinaisons possibles ?
R.D. : Non. Cela dépend des périodes. Quand il y a tout le monde, il faut choisir. Mais on ne sait pas ce qui se passera au mois de mars. Je suis plutôt satisfait de voir que ceux qui sont entrés (Anelka et Trezeguet) ont prouvé qu'ils étaient présents, qu'ils avaient envie de faire quelque chose puisqu'ils ont marqué trois buts après. Cela donne plus de choix et de possibilités mais d'ici aux mois de mars et juin il peut encore se passer des choses.
Por V10D